Le sommeil chez le chat

Le chat est un gros dormeur, ce n’est plus un secret. A l’image de son cousin le lion, il récupère de longues heures de sommeil pour compenser la grande dépense d’énergie passée à la chasse. Mais qu’en est-il du chat d’appartement ?
 
Le chat en liberté


La durée du sommeil du chat est proportionnelle à son activité. Plus un chat passe de temps à chasser, plus il a besoin de récupérer. Le chat qui jouit d’une liberté a un grand besoin de sommeil réparateur c’est à dire de sommeil paradoxal, qui ne dure que 5 à 7 minutes. Dans cette phase de sommeil, le chat est parfaitement absent du monde : il n’entend et ne voit plus rien. On l’appelle aussi REM, (« Rapid Eyes Mouvements » soit  « Mouvement Rapides des Yeux ») car c’est la phase de sommeil au cours de laquelle le chat rêve. Ses pattes, ses moustaches, ses oreilles et ses yeux peuvent se mettre à bouger, trépigner.
Le chat est un animal nocturne : ses heures d’activité instinctives se situent à l’aube, au crépuscule et en milieu de nuit. Le sommeil du chat est très également lié aux saisons, et en particulier à la luminosité. De fait, l’hiver est une saison propices aux siestes dans la maison, au chaud, alors que le printemps et l’été sont des saisons de grandes explorations et de longues balades nocturnes. Un chat qui a un libre accès en extérieur peut se contenter de 8 à 9 heures de sommeil.
 
Les chats d’appartement


Les chats d’appartements dorment beaucoup plus que leur congénères qui peuvent s’ébattrent en liberté, mais ce n’est pas d’un sommeil aussi profond. C’est plus souvent de la somnolence ou du sommeil léger. Le manque d’activité, de dépense physique et l’ennui entraînent chez les chats une mollesse physique de plus en plus importante, et ils dorment pour tuer le temps. Ces chats en viennent parfois aussi à ne plus jouer non plus, par manque de stimulation régulière. Même lorsque l’on cherche à jouer avec, ils ne répondent plus. La déprime n’est pas loin. Un chat d’appartement peut dormir de 11 heures à 16 heures par 24H, ce qui est énorme. Mais ce n’est pas bon signe. Il faut dans ce cas impérativement trouver des solutions pour occuper le chat, car cette atonie peut être un terreau fertile à de nombreuses maladies. Proposer à un(e) voisin(e) une garde partagée pendant notre absence par exemple, tout en multipliant les tentatives de jeu avec le chat, jusqu’à ce qu’il finisse par réagir. Mais il faudra être persévérant.
Il est possible d’habituer un chat à dormir la nuit, mais encore faut-il lui donner de quoi s’occuper en journée. Les agitations et réveils nocturnes, véritables nuisances et difficultés pour les propriétaires de chats qui rencontrent ce problème, sont presque toujours le fruit de l’ennui et du manque d’activité. C’est d’autant plus fréquent chez les chatons et les jeunes chats qui ne demandent qu’à jouer. S’ils ont roupillés toute la journée, attendez-vous à ce qu’ils viennent vous chercher pendant votre sommeil !
 
Encadré : "Mon chat en consultation"

Lilou, 3 ans, inquiète beaucoup ses propriétaires : ces derniers temps, elle dort beaucoup plus que de mesure. C’est simple, on ne la voit plus jouer ni chasser. Elle donne l’impression de passer du panier à sa gamelle ou à la litière, et de sa litière à son panier.
On a beau tenter de la stimuler au jeu, lui ouvrir les portes pour qu’elle prenne l’air dans le jardin, mais rien ne semble l’intéresser. Lilou dort beaucoup parce qu’elle déprime. C’en est un des signes caractéristique. Tout a commencé le jour où Monsieur et Mme L. on perdu leur autre chatte Chipie. Les deux chattes étaient arrivées en même temps chez eux, et n’avaient pas été sevrées. Elles se comportaient comme de vraies sœurs. Elle jouaient ensemble, dormaient l’une contre l’autre, se toilettaient mutuellement et partaient ensemble explorer les environs du jardin. Elles étaient inséparables. La mort accidentelle de Chipie a crée un grand vide pour Lilou. En fait, elle était son être d’attachement, c’est à dire l’être envers lequel elle se raccrochait pour compenser tout ses besoins en affection lié au mauvais sevrage. Lilou viens de perdre son unique repère affectif. Pour qu’elle guérisse de cette disparition, il faudra attendre au moins quelques mois. Plus tard, elle dormira moins et recommencera ses activités habituelles. Et que l’on ne s’avise pas de lui ramener un autre chat dans la foulée. Il faut d’abord lui laisser le temps de digérer cette perte. On ne remplace pas si facilement un être d’attachement. Une autre chat ne s’entendra peut-être pas aussi bien avec Lilou. Une nouvelle alliance pourra prendre du temps avant de fonctionner. Prudence donc…
 
Alfred est un chat âgé de 14 ans. Il a mené une longue vie de chat d’appartement, et s’est montré être un compagnon d’une immense gentillesse, très affectueux, même avec les enfants qui lui tiraient les oreilles !
Mais voilà : depuis quelque semaines Alfred se réveille la nuit, chose qui n’était pas arrivée depuis sa tendre enfance. Il se met à miauler à tue-tête, et pousse des cris qui évoquent la détresse. Lorsque l’on allume la lumière, il ne semble pas savoir où il est, comme désorienté et parfois il lui arrive même de se cogner aux murs. Alfred devient « sénile » d’une certaine façon. La vieillesse l’a rattrapé et son cerveau commence peu à peu à se dégrader, créant cette perte de repères spatiaux et temporels. Il ne reste plus qu’à ses propriétaires de faire preuve de tolérance et de patience, en le caressant et en lui parlant doucement lorsqu’il se réveille pour le rassurer et l’aider à retrouver des repères pour se resituer dans le temps et dans l’espace. Le vétérinaire pourra prescrire des médicaments qui l’aideront à aller un peu mieux.

 

Florence d'Ivernois, éthologue et comportementaliste pour chat