Vous déménagez ? Votre chat ne va pas aimer ça...

Que l’on déménage pour des questions de confort ou par obligation, viendra toujours se poser les questions fatidiques pour les propriétaires de chats : l’emmène-on avec nous ? Comment va-t-il supporter ce changement ? Comment procéder pour que cela se passe au mieux ? Voici donc quelques explications et conseils.

Un changement difficile à vivre

Lorsqu’on vit avec un chat et que l’on choisit de déménager, on prend rarement en compte les troubles qu’une telle décision peut engendrer chez lui. Déménager revient en effet à ôter à un chat tous ses repères territoriaux apaisants. Au cours de toutes ces années passées à vos côtés dans la même maison ou le même appartement, il s’est approprié l’espace, organisant les pièces en champs d’activité, de repos, de jeux et de gymnastique…il utilise pour ce faire les trois dimensions de cet espace, incluant le dessous et le dessus des armoires, les étagères, le piano, tout ce qui est horizontal, vertical, bref, tout ce qui est accessible. Il y pose ses parques, griffades, frottements, spots urinaires. Une fois organisée à sa manière, la maison ou l’appartement devient son espace. Un espace dont vous allez l’arracher, sans crier gare. Des précautions élémentaires s’imposent.
Rares sont les chats qui arrivent dans leur nouveau logement et semblent y avoir toujours habité, sans montrer de signes d’inquiétude. Très souvent, il faudra plusieurs semaines (ou plusieurs mois pour les plus fragiles émotionnellement) pour que le chat se fasse à son nouveau territoire. On échappe rarement à des pipis ou cacas faits en dehors de la litière, à des vomissements parfois, à des « crises de folies » aussi. Selon son caractère et sa capacité à gérer des grands changements, le chat devient pendant cette période soit plus agressif, ou au contraire plus collant que jamais, ou parfois un peu dépressif. Le temps qu’il retrouve des points de repères, des lieux de tranquillité et de refuge, il est désorienté, et cela influe sur son humeur. La patience vis-à-vis de lui est le meilleur des remèdes.

Attention aux travaux

Il arrive très souvent que l’on soit obligé de faire des travaux dans le nouvel habitat, alors même qu’on y a déjà emménagé. Que ce soit de la peinture, le montage de bibliothèques, la remise à neuf de l’installation électrique ou la réfection de parquets (pour ne citer que quelques exemples), soyez sûr que votre chat en sera fortement perturbé. Pour plusieurs raisons :

-Ces gros travaux demandent que l’on bouge les meubles et les objets en permanence et un environnement instable est très stressant pour un chat.

-On fait souvent appel à des ouvriers pour faire le gros œuvre, or certains chat sont déjà à l’ordinaire terrorisé à la vue d’inconnus, alors en plus quand ils ne connaissent pas bien le nouveau logement, ils ne savent plus comment réagir ni où se cacher : dans de rares cas cela entraîne des états de chocs que seule une thérapie comportementale permet de rattraper.

-Enfin, les bruits et les odeurs que cela occasionne ne sont pas habituels, et souvent ils sont puissants et difficilement supportables pour le nez ou les oreilles de notre minou.

En résumé, faire des travaux dans le nouveau logement alors que le chat y est présent n’est pas une très bonne idée, à moins qu’il n'ai la possibilité de s’échapper dans un jardin pour s’y réfugier (avec le risque non négligeable qu’il ne veuille plus remettre les pattes dans la maison !). Mais lorsqu’il s’agit d’un appartement ou d’une maison fermée, il est presque couru d’avance que votre chat sera très perturbé, d’où il peut en résulter parfois de longs mois de "pipis" ou "cacas" sur les literies ou sur les canapés, des miaulements intempestifs la nuit, des diarrhées tenaces, mais aussi des comportements d’automutilation (le chat se lèche jusqu’à se faire des plaies)...

Encore une fois, tout dépend du seuil de tolérance de l’animal, mais généralement, peu de chats supportent facilement ce type d’épreuves…

Quand installer le chat dans le nouveau logement ?

Si vous avez l’occasion de lui montrer le futur logement avant l’emménagement (sous condition de pouvoir y rester au moins deux ou trois jours), c’est un plus. Ainsi, il connaîtra déjà les lieux et cela facilitera un peu la transition. Mais si vous n’en avez pas la possibilité, alors votre chat doit être le dernier à venir intégrer les lieux.
Dans l’idéal, vous l’aurez confié à une personne qu’il connaît bien un peu avant le déménagement. Vous lui épargnez ainsi de voir la maison se vider et une éventuelle panique. Vous le récupérez quand votre nouveau logement est habitable (tous les travaux sont finis) et déjà bien aménagé.
Vous lui épargnez également d’atterrir dans un lieu inconnu où l’on bouge encore les meubles et où il y a des cartons qui vont et viennent en permanence, des pots de peinture qui traînent. Il doit y être introduit quand on est sûr que plus grand chose ne sera déplacé. Cela lui permet surtout de pouvoir d’entrée de jeu trouver des coins de refuge stables et sûrs. Rien de plus angoissant pour un chat de ne jamais pouvoir se poser ou se cacher dans un endroit fixe et rassurant !

Comment introduire le chat dans son nouveau territoire

On conseille généralement, s’il y a un jardin, que le chat se soit déjà bien imprégné de l’habitation intérieure avant de le laisser gambader à l’extérieur. En effet, il risquerai de préférer l’extérieur et de ne jamais établir de marques à l’intérieur. C’est une question de quelques jours (deux semaines tout au plus). Quand vous voyez qu’il est habitué à la maison ou l’appartement et qu’il en a fait le tour, vous pouvez envisager sous votre surveillance de le laisser conquérir le jardin. Pour savoir si le chat est à l’aise dans son nouveau territoire, voici quelques signes : il ne le marque plus vraiment (avec de l’urine ou même simplement on se frottant contre les murs ou les meubles), dort paisiblement et mange tranquillement.
En ce qui concerne les chats très craintifs de nature ou facilement perturbés, il est conseillé de leur faire découvrir pièce par pièce au fil des jours. D’abord une première pièce dans laquelle ils resteront au moins deux trois jours, puis une autre et ainsi de suite. Cela leur donne le temps de s’habituer petit à petit sans les brusquer, et ils le vivront d’autant mieux.

Emménager dans un lieu plus petit

La grande question qui se pose pour un déménagement, est généralement liée à la surface : emménager dans un lieu plus spacieux avec un jardin en prime ne génère pas beaucoup d’inquiétudes. Mais quand il s’agit de venir vivre en ville ou dans un logement plus petit, les questions se bousculent.

Inévitablement, si l’espace est radicalement plus petit, le chat en souffrira un peu. Il faudra prévoir en conséquence plus de jeux mis à sa disposition (et plus d’activité avec vous), et des possibilités de sorties dans la cage d’escalier ou dans la cour de l’immeuble par exemple pour faire varier ses horizons.

Cela se complique vraiment si le chat était habitué à vivre à l’extérieur ou s’il avait accès à un jardin.Même si certains chats supportent ce changement, ils restent cependant rares, et malheureusement, on doit bien souvent prendre une terrible décision : le donner à quelqu’un qui puisse lui offrir des conditions de vie similaires à votre ancien logement. Les troubles comportementaux graves apparaissent bien souvent dans les cas où le chat ne peut plus assouvir ses activités habituelles se retrouvant entre quatre murs d’un nouveau logement urbain. C’est dur à dire, mais c’est pourtant une réalité… On peut toujours faire l’essai, mais il faut savoir que c’est au bout de quelques semaines voire plus que les troubles apparaissent. Et quand ils s’installent, il est déjà un peu tard. Autant prendre une décision avant de déménager.

Cependant, une autre solution est envisageable : lui offrir un nouveau compagnon, et ce, plusieurs semaines avant le déménagement, pour être sûr qu’ils s’entendent bien et sont de bons copains de jeu. Ainsi, en compensation avec l’impossibilité de sortir à l’air libre, il pourra quand même se dépenser avec son nouvel ami. Même si l’espace est plus petit, mieux vaut le partager à deux que seul…

Enfin, il est évident que certains chats sont inégaux fasse à un tel changement. Les chatons mal sevré, les vieux chats, les peureux ou anxieux de nature seront plus que les autres sensibles à tout cela. Et il faudra redoubler de précautions pour qu’ils puissent aborder ce changement le mieux possible. Il peut être dans tous les cas très utile de faire appel à un(e) comportementaliste pour demander des conseils personnalisés et ainsi éviter de faire des erreurs et assurer au mieux le bien être de votre minou.

 

Florence d'Ivernois, éthologue et comportementaliste pour chat