Le chat et l'enfant

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Le chat c’est le meilleur de l’enfant pour beaucoup mais pour d’autres c’est aussi un danger dont il faut se méfier. Quoiqu’il en soit le chat est aujourd’hui plus présent en France que le chien (environ 12 millions) ce qui nous amène à envisager la relation chat/enfant dans son ensemble, comme un système en soit.  Gwendoline LE PEUTREC-REDON, comportementaliste spécialiste des relations Homme-Chat nous décrypte ce binôme et comment l’appréhender.

Dès le tout début

La relation entre un enfant et un chat ne commence pas à la naissance de ce dernier mais bien avant. En effet, si Madame tombe enceinte alors même qu’elle partage son toit avec Minet, celui-ci saura très souvent bien avant qu’elle, qu’un heureux évènement ne saurait tarder. Les chats capteraient l’hormone de grossesse HCG (Gonade Chorionique Humaine) même en très petite concentration. Ainsi, il n’est pas rare de recueillir des témoignages où le chat se frotte à la personne plus qu’à l’accoutumée, vient se poser sur le ventre en ronronnant fortement ou adopte, d’une manière générale, un comportement différent de d’habitude.

 Quand le fœtus bouge dans le ventre de sa mère, le chat souvent allègrement allongé sur Madame va ressentir cette présence (sans forcément identifier ce dont il s’agit spécifiquement) et les réactions des propriétaires seront une première influence sur la future relation. Les futurs parents changent ils de comportement vis-à-vis de leur chat ? Sont-ils aussi tolérants, deviennent-ils plus sévères ou au contraire sont-ils plus laxistes de peur que leur chat vivent mal l’arrivée du bébé ?

Les premiers mois de vie

Même si le tempérament du petit félin va être un facteur dans la future relation chat/bébé, en fonction de son seuil réactionnel, de sa capacité d’adaptation entre autres, c’est bien les comportements des parents qui influenceront grandement ce binôme. Forts d’idées reçues et parfois de mauvais conseils, il est facile que les parents fassent les choses de travers qui laisseront une empreinte négative pour le chat. Il faut au contraire privilégier toutes les associations positives qui permettront au chat de voir ce petit d’Homme comme on le désire.

 Ainsi, permettez au chat de pénétrer dans la chambre du bébé quand celui-ci n’y dort pas, laissez-le venir le renifler quand bébé est dans les bras, permettez au chat de dormir dans les vêtements portés par le bébé pour qu’il puisse sentir son odeur (n’allez pas jusqu’à faire sentir les couches…) et au contraire, ne disputez pas Minet s’il est curieux du petit et de ses jouets, ne tentez pas de présenter le chat au bébé et le gardant dans vos bras car il ne pourrait s’échapper et se soustraire et ainsi faire une association négative…

 Mais ce sont rarement les premiers mois qui perturbent le plus le chat mais bien lorsque bébé commence à crapahuter à quatre pattes. Le chat perçoit ainsi ces déambulations comme un envahissement de son territoire… Puis bébé veut toucher cette jolie peluche vivante et attrayante mais le chat encore méfiant peut en avoir peur surtout que les gestes sont approximatifs et l’enfant peut taper au lieu de caresser. Cela va sans dire que l’éducation doit venir des parents qui doivent apprendre le respect de l’animal et ce n’est pas au chat d’accepter toutes les manipulations sous peine de réprimande.

 Rappelons-le si tant est qu’il le faille encore mais le chat (et n’importe quel animal) est un être vivant et non un jouet qui doit distraire l’enfant. Minet a ses moments où les câlins ne sont pas les bienvenus : quand il dort, quand il mange, quand il joue entre autres. Ne forcez jamais un chat à subir les assauts de l’enfant et encore moins le corriger s’il crache ou donne un coup de patte c’est le meilleur moyen de renforcer la crainte et le dégoût et de voir de futures agressions se reproduire. Si le chat a craché ou griffé c’est qu’il a été dérangé, qu’il a eu peur et c’était sa seule façon de le montrer. Ces situations peuvent être évitées si les parents sont attentifs et éloignent l’enfant quand le chat présente des signes de recul ou de stress.

 Si le chat présentaient des comportements gênants avant l’arrivée du bébé et notamment des conduites agressives, il est fortement conseillé de faire appel à un comportementaliste spécialiste du chat le plus tôt possible (même pendant la grossesse) pour permettre que la situation se rétablisse et bénéficier des conseils avisés qui éviteront bien des accidents.

 Mon meilleur ami

 Enfin voilà, bébé a grandi et tout s’est plutôt bien passé ! Une véritable relation peut s’être créée et il n’est pas rare de voir le chat déserté l’ancienne chambre adorée des parents pour partager le lit douillet et chaud de l’enfant. Roulé en boule allongé de tout son long contre le corps de son petit maître, ça ronronne fort et tout le monde est apaisé. Parce que c’est bien là que chacun y trouve son compte : l’enfant et le chat se comprenne souvent mieux l’un l’autre que les adultes. Les codes de communication sont simples et l’enfant attristé par une dure journée d’école ou vexé après que les parents l’aient disputé pour une bêtise, Minet sera son réconfort, celui à qui il pourra parler sans crainte.

 Le chat est depuis tout temps reconnu pour son flegme apaisant, sa présence bienveillante, son calme communicatif. Ne troublez pas ces moments entre votre enfant et votre chat, ils sont précieux.

 Vous pouvez alors apprendre à votre enfant à s’occuper de son chat, en lui donnant à manger, en le brossant, en jouant avec lui avec des plumeux ou des cannes à pêche.

 Et quand ça se passe mal…

 Quand la relation est compliquée entre le chat et l’enfant c’est souvent que les parents ont mal géré la situation comme expliqué ci-dessus. Le chat a fini par prendre peur de ce petit d’Homme et a appris à l’éviter comme une menace persistance. Il est tout à fait possible de faire marche arrière en arrêtant toute réprimande du chat lorsque celui-ci manifeste son inconfort ou sa peur et en éduquant l’enfant à respecter l’animal. Dans des situations compliquées où viennent se mêler d’autres problématiques comme de la malpropreté, des griffades du mobilier, des miaulements intempestifs et réveils nocturnes alors la problématique est multi-causale et l’intervention d’un comportementaliste est nécessaire. Cela évite d’avoir à abandonner son chat dans une décision hâtive et tout cela peut prendre fin en un ou deux entretiens donc n’hésitez pas, vous rendrez tout le monde heureux.

 Gardons quand même à l’esprit que la relation chat/enfant est bien plus souvent sereine et apaisée et est productive d’expériences enrichissantes pour l’un comme pour l’autre.

 Si vous vous posez donc la question de savoir si un chat serait un bon compagnon de vie pour votre enfant sans être sa peluche attitrée et bien foncez !

 

 Gwendoline LE PEUTREC-REDON

 

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